Données et impact
Égalité de genre : ce que révèlent les données du Goulmou et de la Sirba
Phase pilote du mécanisme de veille sur le genre de l’IPBF : 1 272 personnes interrogées en février 2026 dans cinq communes. Voici les chiffres clés, thème par thème.
L’essentiel
Les chiffres clés
Huit chiffres pour comprendre la situation des femmes et des filles à Bilanga, Bogandé, Diabo, Diapangou et Tibga.
1 272
personnes interrogées : 640 adultes et 632 adolescent·e·s, dans 636 ménages
61 %
des femmes n’ont aucun niveau d’instruction, contre 52,9 % des hommes
45,5 %
des adultes interrogés sont des personnes déplacées internes
48,6 %
des adolescent·e·s seulement ont déjà entendu parler de planification familiale
31,4 %
des adultes déclarent que l’homme décide seul du recours à la planification familiale
33,9 %
des adultes ont déjà entendu parler du cancer du col de l’utérus
52,4 %
des femmes citent les violences conjugales parmi les violences fréquentes, contre 20,5 % des hommes
18,4 %
des adultes ont suivi une formation professionnelle
Source : enquête terrain de la phase pilote du mécanisme de veille sur le genre, IPBF, février 2026.
Profil des personnes interrogées
Une population peu scolarisée et fortement déplacée
Plus de la moitié des adultes n’a aucun niveau d’instruction, et près d’un adulte sur deux est une personne déplacée interne.
Planification familiale
Bien connue des adultes, encore peu des jeunes
Les femmes sont mieux informées et utilisent davantage la contraception que les hommes. Mais pour près d’un adulte sur trois, la décision revient à l’homme seul.
Santé des femmes et santé mentale
Des maladies méconnues, des souffrances peu prises en charge
Seul un adulte sur trois a entendu parler du cancer du col de l’utérus. La santé mentale est d’abord associée aux traumatismes et, chez les jeunes, aux problèmes familiaux.
Violences basées sur le genre
Des violences connues, un silence qui persiste
Les violences sont largement reconnues, mais rarement signalées : la peur des représailles, la honte et la pression sociale imposent le silence, surtout aux femmes.
66,1 %
des adultes ont déjà entendu parler des violences basées sur le genre (42,8 % à Tibga)
37,8 %
signalent une structure de lutte contre les VBG dans leur localité
6,9 %
des adultes interrogés sur ce point ont déjà bénéficié d’un accompagnement
27,7 %
des femmes citent la peur des représailles parmi les freins à la dénonciation
Violences basées sur le genre
Ce que disent les communautés
Les femmes citent bien plus souvent que les hommes les violences fréquentes, en particulier au sein du couple. Les structures d’aide restent peu connues et peu sollicitées.
Autonomie économique
Épargner, emprunter, se former : un accès inégal
Les femmes épargnent davantage, les hommes accèdent plus au compte et au crédit. Les coûts, la distance et le manque de papiers freinent l’inclusion financière des femmes, et moins d’un adulte sur cinq a suivi une formation professionnelle.
Vie publique
La place des femmes dans les décisions
Les femmes sont présentes aux rencontres communautaires, mais leur voix dans les décisions du ménage reste limitée par la tutelle masculine.
Par commune
Cinq communes, cinq réalités
Le mécanisme de veille produit des données par commune. Elles révèlent de fortes disparités : Tibga et Diabo cumulent les difficultés, Bilanga et Diapangou s’en sortent mieux sur la plupart des indicateurs.
Recommandations
Ce que la phase pilote enseigne
Cinq enseignements ressortent : des inégalités éducatives et économiques défavorables aux femmes, une faible implication des hommes dans la santé reproductive, un faible recours à la prise en charge des VBG, de fortes disparités entre communes et une vulnérabilité accrue des personnes déplacées et des adolescent·e·s. L’étude formule des recommandations par secteur.
Santé reproductive
Cibler d’abord les hommes et les adolescent·e·s dans les campagnes d’information
Intégrer l’éducation à la santé sexuelle et reproductive dans les programmes scolaires
Créer des espaces sûrs pour les femmes et les filles
Violences basées sur le genre
Rendre les mécanismes de signalement plus proches et plus confidentiels
Mobiliser les leaders religieux et coutumiers contre la stigmatisation
Doter les dispositifs locaux de budgets dédiés
Autonomie économique
Faciliter l’accès des femmes, notamment déplacées, à la microfinance et à la formation
Développer l’épargne et le crédit communautaires
Intégrer l’analyse budgétaire sensible au genre dans les plans communaux
Mécanisme de veille
Renforcer les capacités du comité scientifique et des acteurs locaux
Mettre en place une alerte rapide sur le genre dans chaque commune
Étendre progressivement le mécanisme à d’autres régions
Méthodologie
Comment les données ont été recueillies
L’étude a été menée en février 2026 dans cinq communes des régions du Goulmou et de la Sirba : Bilanga, Bogandé, Diabo, Diapangou et Tibga. Elle combine une enquête par questionnaire et des échanges approfondis avec les communautés.
1 272 personnes interrogées dans 636 ménages : 640 adultes de 18 ans et plus et 632 adolescent·e·s de 12 à 17 ans
19 groupes de discussion et 32 entretiens individuels avec des personnes ressources, des prestataires de santé et de services financiers, et des associations
Un échantillon calculé pour une marge d’erreur de 4 % et un niveau de confiance de 95 %
Une collecte sur tablette, avec le visa du Conseil national de la statistique, le consentement éclairé et l’anonymat des participant·e·s
Les résultats reflètent les déclarations des personnes interrogées. L’insécurité a limité l’accès à certaines localités, notamment à Bogandé, et les tabous autour des violences peuvent conduire à une sous-déclaration.
Des données pour agir
Ces résultats guident le plaidoyer de l’IPBF et de ses partenaires. Pour les utiliser, les approfondir ou étendre la veille à d’autres régions, parlons-en.